28 novembre 2011 THAILANDE – Du risque de « liker » une page Facebook

Les autorités de Bangkok ont mis en garde. Cliquer sur le bouton « Like » ou « Partager » d’un contenu Facebook critique à l’égard de la monarchie constitue une infraction pénale. Crime de lèse-majesté. Et les lois thaïlandaises sont les plus sévères au monde pour ce crime. Selon Associated press, il y a eu 36 cas de condamnations pour offense à la monarchie en 2010 contre 18 en 2005 et un seul cas en 2000. Le ministre de l’information et de la communication thaïlandais, Anudith Nakornthap, a d’ailleurs conseillé aux utilisateurs de Facebook de supprimer toutes leurs réactions et commentaires. Un conseil aux allures d’avertissement. Car le Computer Crime Act considère ces faits numériques comme un crime. « S’ils ne les suppriment pas, ils pourraient bien violer le Computer Crime Act pour distribution indirecte de contenu inapproprié« , a déclaré le ministre qui traque depuis le mois d’août les pages web qui critiquent le régime, précise le Bangkok Post. Et il a demandé aux fournisseurs d’accès à internet étrangers de fermer les pages Facebook qui diffusent des messages anti-monarchie. Selon le Guardian, le gouvernement thaïlandais « a été forcé d’adopter une ligne dure sur les crimes de lèse-majesté après que l’opposition l’ait décrit comme soft à l’égard des hors-la-loi« .

La semaine passée, Amphon Tangnoppaku, 61 ans, a été condamné à 20 ans de prison pour quatre SMS d’offense à la reine envoyés en mai 2010. M. Tangnoppaku a plaidé non coupable et a argué qu’il ne connaissait pas le destinataire de ce message et qu’il ne savait pas bien utiliser son téléphone. Il avait envoyé ce message au secrétaire personnel d’Abhisit Vejjajiva, alors premier ministre. La Commission des droits de l’Homme en Asie dénonce ce jugement qui, selon l’organisation, porte clairement atteinte à la liberté d’expression.

 

Commentaire

 

Les contenus critiques à l’égard de la monarchie sur les réseaux sociaux sont désormais sanctionnables en Thaïlande, de même que « liker » ou « partager » ces contenus. Les réseaux sociaux sont désormais considérés comme des sphères publiques. L’expression peut donc y être limitée dans certains régimes. Les lois thaïlandaises sont les plus sévères au monde à ce sujet. Internet est devenu une sphère d’expression et de communication des idées qui inquiète les dirigeants. La propagation de la vague révolutionnaire du Printemps Arabe via internet et les réseaux sociaux renforce cette idée de renforcement des possibilités d’expression (sans pourtant que ceci s’accompagne d’un accroissement de la liberté d’expression). Cette législation illustre le problème de la liberté d’expression censée être accentuée grace aux nouvelles technologies. Ces dernières favoriseraient l’expression mais également la surveillance.

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