Le Danemark, premier pays au monde à taxer le gras

LEMONDE.FR Avec AFP | 01.10.11 | 13h12 • Mis à jour le 03.10.11 | 12h08

La taxe s’appliquera à tous les produits contenant des graisses saturées, y compris les plats pré-cuits.

La taxe s’appliquera à tous les produits contenant des graisses saturées, y compris les plats pré-cuits. D.R.

Le Danemark est le premier pays à franchir le pas en introduisant une taxe sur les graisses, samedi 1er octobre, au terme d’une semaine durant laquelle les consommateurs se sont rués dans les supermarchés pour faire des réserves de beurre, pizza, viande et lait.

La nouvelle taxe, voulue comme une mesure pour lutter contre la consommation de graisses, prévoit 16 couronnes (2,15 euros) par kilogramme sur les graisses saturées. Elle s’appliquera à tous les produits contenant des graisses saturées, y compris les plats pré-cuits. « Je doute que cela aura un impact positif sur la santé, c’est simplement une taxe » supplémentaire, a déclaré à l’AFP une porte-parole de la Confédération danoise des industries (DI), Gitte Hestehave. « Pour autant que nous sachions, le Danemark est le premier pays au monde à introduire une taxe sur les graisses ».

Dans la semaine qui a précédé l’entrée en vigueur de cette taxe, les Danois ont dévalisé les magasins. « Nous avons dû faire des stocks de tonnes de beurre et de margarine pour être en mesure de servir nos clients », a déclaré à l’AFP un responsable du groupe de produits laitiers Arla Distribution, Soeren Joergensen.

« La semaine a été assez chaotique, avec beaucoup de rayons vides. Les gens ont rempli leurs congélateurs », a confirmé un responsable de supermarché indépendant à Copenhague, Christian Jensen. « En fait, je ne pense pas que cela changera quoi que ce soit : les gens qui voudront acheter un gâteau l’achèteront. Simplement, en le faisant maintenant, ils font des économies ».

CASSE-TÊTE RÉGLEMENTAIRE

Pour la DI, la nouvelle taxe est un « cauchemar administratif ». Que les produits soient de fabrication danoise ou importés, il faudra réclamer des déclarations aux producteurs sur la quantité de graisses saturées contenues dans le produit mais également utilisées dans sa préparation. La mise à jour des systèmes informatiques a également nécessité de nombreuses heures de travail supplémentaires pour les producteurs et les revendeurs.

Tout ceci a un coût qui sera répercuté sur les consommateurs, a prévenu Mme Hestehave. D’ailleurs, les juristes soulignent que cette taxe induit un risque pour la compétitivité des produits danois. Les produits importés soumis à la seule taxe sur les graisses qu’ils contiennent effectivement seront moins chers que les produits danois également taxés au niveau des producteurs sur les graisses utilisées dans la fabrication « par exemple pour les frire », souligne le juriste Jeppe Rosenmejer dans le quotidien Jyllands-Posten.

http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/10/01/le-danemark-premier-pays-au-monde-a-taxer-le-gras_1581071_3244.html

 

Commentaire

 

Une taxe sur les produits contenant des graisses saturées a été mise en place au Danemark. Le pays fait figure de précurseur en la matière. Cette décision marque la volonté de lutter contre la consommation de produits excessivement gras. Elle pose toutefois un problème en matière de libertés individuelles puisque le but est d’encadrer les habitants dans leurs habitudes alimentaires. L’Etat Providence doit il se charger de toutes les facettes de la vie des citoyens au risque de les déresponsabiliser? Quoi qu’il en soit, le facteur sanitaire semble l’avoir emporté sur l’économique, les industriels étant opposés à ce type de législation qui nuit à leurs intérêts.

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Big Data : les progrès de l’analyse des données

Nous voici entré dans l’ère des Big Data des ensembles de données tellement gigantesques qu’ils nécessitent de nouveaux outils techniques et scientifiques pour les comprendre et en tirer du sens. Un déluge de données qui pose des questions profondes sur leur collecte, leur interprétation, leur analyse… Dans ce siècle des réseaux, la science des algorithmes, censée extraire le sens de ces amas d’information doit apprendre à comprendre ce qu’elle analyse. L’enjeu des Big Data nous adresse des questions scientifiques, mais aussi politiques et éthiques. Les Big Data, c’est le dossier de la semaine d’InternetActu. Après un retour sur l’article fondateur de Chris Anderson, regardons un peu ce que les Big Data permettent d’envisager.

La démultiplication des outils de collecte de données (comme le web ou nos téléphones mobiles qui enregistrent très facilement nos déplacements, mais également nos actions, nos relations…) et l’amélioration des outils d’analyses de données offrent aux entreprises des moyens marketing de plus en plus inédits, estime Lee Gomes pour la Technology Review. Et de donner un exemple simple et frappant : celui des Giants de San Francisco, l’équipe de baseball américain championne du monde et championne de la ligue nationale, qui a mis en place une tarification dynamique mise au point par Qcue, permettant de modifier le prix des billets en fonction de la demande, et ce, jusqu’à la dernière minute. L’idée étant d’adapter les tarifs à la demande pour éviter la mévente et mieux exploiter les phénomènes d’enchères (qui profitent plutôt au marché noir). Une tarification dynamique qui a permis une augmentation du chiffre d’affaires du club de 6 % en 2010.
Vers le commerce algorithmique

La tarification dynamique est bien connue des sociétés de transports qui vous proposent des tickets moins chers si vous réservez longtemps avant la date de votre voyage. Mais les logiciels sont désormais capables de prendre en compte de plus en plus de données pour faire évoluer les prix en temps réel. Tant et si bien que cette capacité d’analyse de grands volumes de données (appelée la science des Big Data) a été analysée par des consultants du Credit Suisse comme « la plus significative révolution informatique de ces 20 dernières années ». Les grandes entreprises de l’informatique comme IBM, Oracle ou Hewlett-Packard s’arrachent à prix d’or les start-ups du secteur comme CalmSea, qui vend un logiciel permettant aux détaillants de glaner des indications sur les réseaux sociaux pour proposer des offres plus adaptées aux clients fidèles ou lancer des offres marketing plus fines.

Image : le déluge de données vu par The Economist.

La tarification ou la recommandation dynamique annoncent l’arrivée du commerce algorithmique, un commerce où le prix est décidé par les données et les algorithmes…
Les raisons de la révolution

Dans un monde où les données se démultiplient, les entreprises essayent de comprendre comment extraire de la valeur de toutes les données qu’ils recueillent. Selon Lee Gomes, cette nouvelle science des données est rendue possible, par le fait que les bases de données et outils d’analyses ont été entièrement repensés ces dernières années ce qui a permis d’améliorer considérablement leurs performances et de réduire la mémoire qu’ils nécessitaient pour fonctionner. Ensuite, c’est l’amélioration de la gestion des serveurs et du stockage à grande échelle, initiée par les travaux de Google pour indexer le web entier dans ses fermes de serveurs, qui a permis de faire de considérables progrès dans la performance du stockage et la gestion intensive de données distribuées (notamment via des systèmes basés sur Hadoop). Enfin, les connaissances algorithmiques ont également progressé permettant la structuration et l’interrogation plus rapide des bases de données (on parle de bases NoSQL pour désigner des bases de données non relationnelles).

Tous ces progrès techniques expliquent le succès de cette nouvelle science de données, tant et si bien que ces nouveaux systèmes sont devenus si faciles et si rapides, que les entreprises ne cessent de leur trouver de nouvelles utilisations à mesure que plus en plus de données deviennent accessibles. Un cybermarchand par exemple peut désormais prendre l’habitude de conserver les traces de tous les mouvements de souris que les internautes ont sur ses pages dans le but de les analyser pour améliorer le design de son site.

« A mesure que le coût de stockage des données chute, les entreprises ajustent la quantité de données qu’ils conservent : conserver des pétaoctets de données n’est désormais plus réservé au seul Google ! », conclut Lee Gomes.

Mais surtout, l’accumulation de ces données et leurs croisements permettent de dire beaucoup de choses sur les gens avec peu d’information, comme le souligne Sandy Pentland du Laboratoire des dynamiques humaines du MIT dans un article du Wall Street Journal qui recensait de nombreuses recherches qui font parler ces masses de données récoltées via les téléphones mobiles.

« Juste en regardant où vous passez du temps, je peux dire beaucoup de choses sur la musique que vous aimez, la voiture que vous conduisez, votre risque financier, votre risque de diabète. Si vous ajoutez des données financières, vous obtenez un aperçu encore plus précis ».

Hubert Guillaud

http://internetactu.blog.lemonde.fr/2011/10/03/big-data-les-progres-de-lanalyse-des-donnees/

 

Commentaire

 

Nous sommes donc entrés dans l’ère du Big Data, l’analyse de données extrêmement nombreuses nécessitant de nouveaux outils afin de les collecter mais également de les analyser. Les nouvelles technologies ont accru de manière significative les outils de collecte de données. Ces outils sont toutefois bivalents puisque dans un second temps ils facilitent également la surveillance des populations. Le marketing peut par ailleurs être affiné puisque des variations du prix selon les données sont désormais possibles. Ces avancées technologiques semblent une nouvelle fois favoriser dans un premier temps l’aspect économique.